Observatoire de la régionalisation

15/05/2013

8 propositions pour développer les Maisons de Santé Pluridisciplinaires


L’Observatoire de la Régionalisation du système de santé souhaite cette année construire une plateforme de propositions, enrichie par les réflexions de groupes de travail. Le 25 avril dernier, le Groupe de Travail « Relations entre les acteurs » se réunissait autour du thème « Maisons de Santé pluridisciplinaires : vers une redéfinition du modèle libéral ? ».

Pierre-Yves Louboutin, Chargé de mission « Structures d’Exercice Collectif » à l’ARS Ile-de-France et Marie-Josée Augé-Caumon, de l’Union Syndicale des Pharmaciens d’Officines (USPO) ont présenté à cette occasion leurs vision prospectives sur ce sujet.
Ce Groupe de Travail, qui réunissait une vingtaine de décideurs et d’acteurs du domaine de la santé, a donné lieu à des débats et des échanges constructifs. Ils permettent dès à présent à l’Observatoire de la Régionalisation de formuler 8 propositions pour favoriser l’essor du modèle des Maisons de Santé Pluridisciplinaires :

Proposition 1 : Construire des guides pédagogiques sur l’élaboration d’une MSP, tant dans l’ingénierie du projet que dans le montage du projet médical

La mise en place d’une maison de santé pluridisciplinaire implique de se poser les bonnes questions au bon moment. Pour aider les professionnels de santé dans leur projet, chaque ARS doit construire et diffuser des guides pédagogiques, basés sur des expériences réussies et se doter d’un référent MSP, « guichet unique », à même d’apporter son soutien et son expertise dans le montage des dossiers tant sur les projets médicaux que sur les projets entrepreneuriaux pour accompagner les professionnels de santé et mettre en cohérence les projets de regroupement avec les projets régionaux de santé.

Proposition 2 : Pérenniser le financement des maisons de santé pour construire un modèle économique durable

Le financement des Maisons de santé fait aujourd’hui appel à un certain nombre d’aides de la part de l’ARS mais aussi du Conseil Général, du Conseil Régional ou des collectivités territoriales. Pour certains, ces financements sont ponctuels ou expérimentaux. Pour se construire sur un modèle durable, les Maisons de santé ont besoin d’une visibilité sur les sources de financement pour construire un véritable modèle économique.

Proposition 3 : Valoriser l’expérience des professionnels de santé pour favoriser le transfert de tâches

Aujourd’hui, les transferts de compétence permis par l’article 51 de la loi HPST se fondent sur le statut des personnels médicaux plutôt que sur leurs compétences. La différence de qualification et d’expérience, entre un infirmier libéral débutant et un infirmier libéral expérimenté, n’est ni valorisée, ni prise en compte. D’autre part, il faudrait définir ce socle de compétences communes pour les infirmiers libéraux (D.U d’exercice du soin infirmier en libéral…) avant d’initier tout protocole de transfert de tâches.

Proposition 4 : Intégrer des éléments de connaissance du système de santé à la formation initiale et continue des professionnels de santé

Intégrer à la formation initiale et continue des professionnels de santé des éléments de connaissance de l’organisation du système de santé, de sa gouvernance, son financement, des nouveaux types de pratiques professionnelles, d’information sur les autres professions de santé ou encore les inégalités de santé. Promouvoir des stages pratiques et validants au sein des MSP existantes.

Proposition 5 : Accompagner et former les médecins à la prise en charge de situations cliniques complexes

La prise en charge de certains malades justifierait la mise en place de permanences ponctuelles pour répondre aux interrogations des professionnels de santé, développer la pratique pluri-professionnelle et optimiser la connaissance scientifique et médicale dans la prise en charge de ces malades. On peut même penser à des vacations de spécialistes de prises en charges complexes (par exemple les cancérologues) au sein des MSP.

Proposition 6 : Créer des postes mutualisés de coordinateurs de Maisons de santé

Les MSP pourraient s’appuyer sur les services d’un coordinateur qui prendrait en charge, pour plusieurs MSP, la gestion des systèmes d’information, le codage, l’analyse des données, la coordination et un certain nombre de tâches non médicales, comme la recherche épidémiologique ou la mise en place et le suivi d’indicateurs spécifiques au territoire.

Proposition 7 : Ouvrir largement l’accès aux données

L’accès aux données est aujourd’hui non seulement fermé, mais aussi filtré en fonction des professions de santé. A titre d’exemple, les pharmaciens n’ont pas même accès au diagnostic de leur patient et ne peuvent compter que sur les indications du traitement médicamenteux ou celles que le patient voudra bien leur transmettre. Ces informations médicales sont nécessaires pour prendre en charge convenablement les patients et organiser la coordination et les complémentarités entre les professionnels de santé.

Proposition 8 : Encourager l’implication politique et financière de certaines collectivités locales

Les collectivités territoriales participent pour certaines au développement des maisons de santé en apportant leur soutien politique et financier. Par nature, les maisons de santé font partie intégrante de la vie de la Cité et constituent des entités structurantes du point de vue de l’urbanisme. Les collectivités territoriales ont donc toute légitimité pour agir dans ce champ. Leur implication en ce sens doit être encouragée et développée. Les élus locaux doivent pouvoir être formés et informés aux enjeux de la santé.
 
Ces propositions entendent participer à la réflexion sur l’évolution du système de santé et sa régionalisation. Elles offrent de nouvelles perspectives à chacun des acteurs, dans une logique ascendante (bottom up).

2 Responses

  1. Bonjour,
    Je pense que ces propositions constituent un clé vers le changement de système santé qui tend déjà à se dégrader en ce moment.

  2. Bonjour,
    Les 8 propositions font déjà réfléchir pour trouver une solution à l’avenir. Le système de santé en France doit s’améliorer avec le temps.

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