Observatoire de la régionalisation

Languedoc Roussillon

Le Languedoc Roussillon est très contrastée et n’a pas d’unité géographique et culturelle à l’image de ses voisines Midi-Pyrénées et PACA. Il n’en reste pas moins que cette région fait montre d’un réel dynamisme tant économique (5e région en termes de développement économique) que démographique puisque le Languedoc Roussillon connaît la plus forte croissance de France. Le climat favorable qui profite à la région favorise également le tourisme. Le Languedoc est ainsi la seconde région de résidences secondaires et la première en ce qui concerne l’hôtellerie de plein air.

Au niveau sanitaire la région présente en revanche un fort indice de vieillissement qui place l’enjeu de la dépendance au cœur des préoccupations. De la même manière, la précarité est particulièrement prégnante et pose la question des inégalités de santé puisque cette région plutôt prospère est aussi la 2ème pour les bénéficiaires de CMU-C. Les problématiques de santé de la région se concentre donc autour des personnes en situation de précarité ainsi que des personnes âgées. Les inégalités constituent un thème récurent dans les questionnements relatifs à l’évolution de notre système de santé. En ce sens, la loi HPST apporte de nouveaux outils pour permettre aux acteurs de dépasser les cloisonnements et de développer les relations transversales afin d’améliorer la répartition de l’offre de soins sur le territoire.

Dans un contexte régional marqué par une grande précarité, mais aussi une offre de santé importante, l’ARS de Languedoc-Roussillon insiste sur la nécessité de « déplacer le centre de gravité du système de santé vers des enjeux de Santé Publique favorisant une démarche préventive, une organisation des soins de ville et le soutien à domicile».

Dans son Plan Stratégique Régional de Santé, l’ARS énumère 5 domaines d’intervention prioritaires :

  • Maladies chroniques : pathologies correspondant à des enjeux de fortes mortalité et morbidité régionales: cancer, AVC, IRC, VIH.
  • Comportements favorables à la santé : prévention de l’obésité infantile, comportements alimentaires, maintien d’une couverture vaccinale chez les enfants (cible ROR), prévention des addictions chez les adolescents et jeunes adultes, interruption volontaire de grossesse et lutte contre le tabagisme chez les jeunes femmes.
  • Dépendances et handicap : maladie d’Alzheimer, soutien à domicile et parcours de vie des personnes handicapées.
  • Parcours en santé mentale : travail sur les ruptures de parcours chez les adolescents
  • Sécurité sanitaire : réduction des risques pour la santé liés à des facteurs environnementaux et développement des politiques de prévention des risques (protection de la santé des populations vivant en habitat insalubre – qualité de l’eau d’alimentation – prévention des infections associées aux soins – bon usage du médicament).

Sur toutes les priorités, l’Agence souhaite améliorer la performance dans les parcours de santé, en s’appuyant sur les coopérations, les retours à l’équilibre et les prises en charge et recours aux soins évitables. Ce plan stratégique fait le pari de l’inter-sectorialité et de l’ancrage territorial des actions. L’ensemble des priorités devront avoir des traductions concrètes pour les populations dans des projets de santé de territoire et en respectant la diversité des territoires.

Présentation des 5 territoires de santé

La région Languedoc-Roussillon compte 5 départements: l’Aude, le Gard, l’Hérault, la Lozère et les Pyrénées-Orientales. Elle est bordée sur un large pan par la mer méditerranée, ainsi que par les Midi- Pyrénées, Auvergne, Rhône-Alpes et PACA.

La région Languedoc-Roussillon compte 5 départements : l’Aude, le Gard, l’Hérault, la Lozère et les Pyrénées-Orientales. Elle est bordée sur un large pan par la mer méditerranée, ainsi que par les Midi-Pyrénées, Auvergne, Rhône-Alpes et PACA.

Martine Aoustin, Directeur général de l’Agence Régionale de Santé du Languedoc-Roussillon, a arrêté le découpage des territoires de santé pour le Languedoc-Roussillon le 12 octobre 2010 en reprenant le découpage départemental. Cette décision a été prise au terme d’une large concertation, en particulier, après réception des avis du Préfet de Région, des présidents des conseils généraux de chacun des départements ainsi que des membres de la commission permanente de la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie.

Martine Aoustin, Directeur général de l’Agence Régionale de Santé du Languedoc-Roussillon, a arrêté le découpage des territoires de santé pour le Languedoc-Roussillon le 12 octobre 2010 en reprenant le découpage départemental. Cette décision a été prise au terme d’une large concertation, en particulier, après réception des avis du Préfet de Région, des présidents des conseils généraux de chacun des départements ainsi que des membres de la commission permanente de la Conférence régionale de la santé et de l’autonomie. Comme dans beaucoup de régions, ce choix s’explique notamment par une volonté de s’inscrire rapidement dans un schéma opérationnel.

L’ARS a entendu insister particulièrement sur la solidarité territoriale tant au sein des départements qu’entre eux. Cette solidarité passera bien sûr par les Conférences de territoires qui seront amenées à travailler ensemble à la définition de la politique de santé régionale. Il s’agit notamment de placer l’action au plus près des besoins de la population « sur la base de projets concrets et mesurables ».

Une offre de soins particulièrement importante

Le plan stratégique régional de santé se montre optimiste en notant que la région est attractive et présente certes des résultats de santé contrastés mais aussi une offre abondante, « réel potentiel pour faire face aux enjeux de santé de demain ».

  • Un potentiel de population active

La région Languedoc-Roussillon se caractérise par un fort indice de vieillissement et un taux de chômage parmi les plus importants. Ce constat qui pourrait être perçu comme une double faiblesse peut en fait devenir une force. La croissance démographique permet de bénéficier d’une population active en puissance qui, sous réserve d’une formation adéquate, permettra d’apporter des solutions innovantes de prise en charge et de service à la personne, dans une région ou la dépendance se montre particulièrement prégnante.

  • Une offre importante

La région peut compter sur une densité médicale particulièrement importante (3e de France) mais contrastée entre un littoral bien pourvu et un arrière-pays qui conserve une continuité des soins au prix « d’une politique volontariste ». D’autre part, cette situation doit être mise en perspective avec une pyramide des soins préoccupante, près de 50 % des médecins généralistes étant âgés de plus de 55 ans. Les perspectives d’offre de soin doivent donc être tempérées à l’horizon 2030, malgré le for pouvoir attractif que garde la région pour les professionnels.

  • Une offre de prévention à structurer

1200 structures associatives agissant dans le domaine de la prévention et de la promotion de la santé sont réparties sur le territoire. Mais cette offre importante cache de fortes disparités qui impliquent un travail sur la structuration et la répartition de l’offre. De la même manière, la qualité de ces associations est très variable et justifierait la mise en place d’une labellisation et un renforcement de la formation et de l’évaluation.

L’importance de cette offre de soins est relativisée par une consommation largement au-dessus des moyennes nationales, notamment en chirurgie (+6 % de séjours dont la moitié liés à la cataracte). Cette surconsommation est surtout valable pour les régions à forte densité d’offre (Hérault et Pyrénées- Orientales) ce qui laisse supposer un phénomène de demande induite.

Enfin la forte consommation de soins ne semble pas permettre une bonne santé de la population. Au regard de l’offre disponible, les indicateurs de santé stagnent et certains signaux d’alerte doivent être pris en compte. Pour autant, le PSRS note que « la région peut tirer parti de sa situation atypique (offre très supérieure à la moyenne nationale et mal répartie) pour en faire un terrain propice à des avancées en matière d’organisation des soins et de développement de nouveaux modes de prise en charge ».

Un état de santé qui peine à s’améliorer

Les indicateurs de santé se situent dans la moyenne nationale avec une incidence moindre d’affections de longue durée pour le diabète et les AVC mais supérieure pour les maladies coronaires et les affections psychiatriques. Plus précisément, les points de vigilance en matière de santé se situent notamment au niveau de :

  • Une mortalité évitable élevée (108 décès pour 100.000 hommes contre 102,7 au niveau national chez les hommes sur la période 2005-2007). Ce constat est particulièrement préoccupant chez les femmes puisque si la mortalité évitable a diminué de près de 2 % au niveau national sur cette période, elle a augmenté de 0,8 % en Languedoc-Roussillon.
  • Une couverture vaccinale insuffisante et une participation trop faible aux campagnes de dépistage organisé du cancer.
  • L’importance des maladies chroniques dans les domaines de la psychiatrie, des maladies cardiovasculaires, du VIH et des Hépatites. Le besoin de développé la prise en charge de ces pathologies en renforçant la coordination du parcours de soins a été souligné par la CRSA qui souligne « qu’une attention toute particulière s’impose pour les populations les plus vulnérables, en particulier lorsqu’elles relèvent de problématiques multiples, à la frontière de plusieurs dispositifs ».
  • Une attention à porter à la santé au travail : le PSRS insiste sur « les difficultés d’accès à l’emploi, un large secteur du travail dissimulé, un nombre élevé de petites et très petites entreprises au sein desquelles les questions de santé sont peu prises en compte, sont autant de facteurs qui influent sur les conditions de santé au travail des salariés. » Les populations particulièrement concernées sont les saisonniers et les populations non incluent dans le circuit de la santé au travail, à savoir les chômeurs, les personnes en recherche d’emploi ou encore les apprentis et les intérimaires.

Malgré ces quelques faiblesses sur l’état de santé de la population, contrairement à la plupart des régions, le Languedoc-Roussillon peut compter sur une offre de soins importante et une croissance démographique qui permettra potentiellement de développer les nouveaux métiers nécessaires à la prise en charge de la dépendance.

Une région à forts potentiels

A l’heure ou chacun clame l’extension des déserts médicaux et s’interroge – même au sein du Conseil de l’Ordre – sur la pertinence de la liberté d’installation, le Languedoc-Roussillon est l’une des rares régions à pouvoir compter sur une offre de soins satisfaisante. Pour autant, tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles puisque de fortes disparités existent et l’importance de l’offre ne s’accompagne pas d’une amélioration de l’état de santé de la population.

Le Languedoc-Roussillon entend donc tirer parti de ses faiblesses en conjuguant ses efforts pour harmoniser l’offre de soins, développer la coordination et améliorer l’égalité financière, sociale et géographique d’accès aux soins. D’autre part, pour faire face au vieillissement et au développement de la dépendance, la région pourra compter sur une population croissante qui permettra le développement des nouveaux métiers nécessaires à cette prise en charge.

« Pour répondre aux grands enjeux régionaux en matière de santé et construire une vision de l’avenir partagée avec d’autres partenaires, l’Agence régionale de santé souhaite définir et mettre en place un ensemble coordonné d’actions concourant à améliorer la santé de la population, à favoriser l’égalité devant la santé, et à proposer un système de santé toujours plus accessible et efficient. »

 

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Quelques chiffres :

  • plus de 30 500 naissances par an avec une croissance démographique au 1er rang français
  • 29,7% de la population a moins de 25 ans
  • 21 130€/an de revenu moyen par habitant, au dernier rang français
  • Le taux de chômage le plus élevé de France avec 12,9 % en 2011
  • 121 500 bénéficiaires du RSA
  • 2,4 centenaires pour 10 000 habitants