Observatoire de la régionalisation

17/01/2013

Le parcours de santé au cœur de la stratégie du l’avenue Duquesne

Parcours de santé, parcours de soins, parcours de vie, le moins que l’on puisse dire c’est que la sémantique est particulièrement dense lorsqu’il s’agit de parler du cheminement des personnes au sein du système de santé. Mais d’aucuns diront que dans tous les cas, il s’agit surtout d’un « parcours du combattant ».

Marisol Touraine a dévoilé sa stratégie à l’occasion du Conseil des Ministres du 16 janvier. Cette stratégie place au cœur du système de santé le « parcours de la personne, patient, personne âgée, personne handicapée ». A défaut de clarifier la sémantique, l’annonce clarifie les objectifs du gouvernement en matière de santé.

Un parcours de santé centré sur l’hôpital

La Ministre des affaires sociales et de la santé a ainsi annoncé son intention de réorganiser le parcours de santé autour de l’hôpital public. L’hospitalo-centrisme semble ainsi remis au goût du jour. Marisol Touraine entend également (re)définir le rôle des professionnels de santé et encourager le travail en équipe. D’autre part, la stratégie présentée vise à réconcilier la recherche fondamentale et la recherche clinique afin de favoriser « le continuum nécessaire entre le soin et la recherche fondamentale jusqu’au lit du malade ». Denis Morin, secrétaire général des ministères chargés des Affaires sociales, aura la lourde charge d’assurer le pilotage administratif de cette stratégie, mise en œuvre par un comité « composé de hautes personnalités du monde de la santé et de la recherche ».

Des postes d’assistants partagés

La démographie médicale est, aux dires de la presse, alarmante. Pour autant, la Ministre n’a pas manqué de rappeler que la France peut compter sur « 200 000 médecins aujourd’hui ». Le problème qui se pose est donc celui de la répartition des praticiens, concentrés dans les villes et sur les côtes. Si bien qu’aujourd’hui 50% des français connaissent des problèmes d’accès aux soins. A l’occasion d’une audition au Sénat par la commission de l’Aménagement du territoire sur le thème de la démographie médicale, Marisol Touraine a détaillé le « Pacte Territoire Santé » présenté le mois dernier pour lutter contre les déserts médicaux. 3 axes sont annoncés :

  • la réforme de la formation des jeunes médecins
  • la transformation des conditions d’exercice
  • l’investissement dans les territoires isolés.

Ainsi, pour dynamiser les hôpitaux de proximité, la ministre souhaite multiplier les postes d’assistants partagés. Ce système permet de diviser le temps de travail de jeunes praticiens hospitaliers entre le CHU et les plus petits hôpitaux.

Déjà éprouvé en Midi Pyrénées, l’effort porté sur les postes d’assistants partagés (30 postes ouverts en Midi Pyrénées contre 4 financés au plan national) et sur la formation (309 maîtres de stage répartis sur l’ensemble de la région) semble porter ses fruits puisque les internes en médecine générale ont aujourd’hui augmenté de 50% dans cette région et tous les postes ouverts sont attribués.

Vers un pacte de confiance

Marisol Touraine avait pris l’engagement, dés sa prise de fonction, d’établir un pacte de confiance avec l’ensemble des professionnels hospitaliers. La confiance allant de paire avec la concertation, la Ministre a confié à Edouard Couty, directeur d’hôpital, conseiller maître honoraire à la cour des comptes, le soin de piloter les groupes de travail à partir des objectifs fixés par la conférence sociale de juillet 2012.

Après quelques mois d’exercice, la mission Couty doit rendre son rapport fin janvier et s’apprête à apporter sa contribution au Pacte de Confiance. Dés le début, Edouard Couty annonçait la tendance en affirmant « l’hôpital n’est ni une entreprise, ni une administration ». Le 9 janvier dernier, ce dernier a présenté les pré-conclusions de la mission en promettant le « rétablissement du service public hospitalier », l’organisation « d’une gouvernance équilibrée, avec un management participatif et un système d’information performant », ou encore la fin de la convergence tarifaire.

Nombreux sont ceux qui réclament leur « part du gâteau » dans ce pacte de confiance, à commencer par les externes qui souhaitent une révision de leur statut ; et certains tels que l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) ou Avenir Hospitalier n’ont pas manqué de saluer ces premières conclusions. Reste que ce pacte de confiance doit encore subir l’épreuve du jeu politique et de la pression des lobbies…

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