Observatoire de la régionalisation

22/04/2013

Les ARS développent la formation des étudiants en médecine et des professionnels de santé

Les Agences Régionales de Santé s’engagent les unes après les autres dans une démarche de formation des professionnels de santé et plus particulièrement des étudiants en médecine.
L’ARS Rhône-Alpes propose un rapport à Marisol Touraine dans la lignée du Pacte Territoire Santé tandis que l’ARS Île de France développe les relations entre l’université et la santé au sein de la région.

La formation des étudiants en médecine mise en avant dans le Pacte Territoire Santé

La formation des professionnels de santé, plus particulièrement des internes en médecine générale, est un levier pour répondre à beaucoup de questions actuelles posées au sein du système de santé. La première concerne la baisse de la démographie médicale ainsi que son inégale répartition en France et au sein-même de chaque région.

Le Pacte Territoire Santé qui vise à lutter contre les déserts médicaux, s’organise autour de 12 propositions, scindées en trois axes :

  • Changer la formation et faciliter l’installation des jeunes médecins
  • Transformer les conditions d’exercice des professionnels de santé
  • Investir dans les territoires isolés

 
Ce Pacte est issu de réunions de concertation qui se sont tenues du 12 février au 8 mars, avec 450 acteurs de terrain. Le premier axe « Changer la formation et faciliter l’installation des jeunes médecins » du Pacte Territoire Santé regroupe les propositions suivantes :

  • la généralisation du stage en médecine générale à 100% des étudiants d’ici 2017
  • la simplification du dispositif de « contrat d’engagement du service public » afin d’atteindre 1500 bourses d’engagement de service public d’ici 2017
  • l’engagement d’une garantie financière durant les deux premières années pour les jeunes médecins s’installant dans une zone de démédicalisation
  • la désignation d’un « référent installation » par chaque ARS afin de faciliter les démarches d’installation et la définition d’un programme de travail pour mieux informer les étudiants et les internes

Ce premier axe est le socle des deux autres qui comprennent notamment le développement d’un travail en équipe des professionnels de santé, le rapprochement des Maisons de Santé Pluridisciplinaires (MSP) avec des universités afin de favoriser les stages en ambulatoire (second axe) et la mise à disposition de médecins salariés pour l’exercice ambulatoire (troisième axe).

Les propositions de l’ARS Rhône-Alpes suite au Pacte Territoire Santé

Christophe Jacquinet, Directeur Général de l’ARS Rhône-Alpes, et Bernadette Devictor, Présidente de la Conférence Nationale de Santé, ont ainsi présenté 12 propositions à Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, à la suite du débat organisé le 22 mars par l’ARS Rhône-Alpes au sujet du Pacte Territoire Santé.

Le développement de la formation des étudiants en médecine générale ainsi que la formation des jeunes professionnels de santé font l’objet des propositions suivantes parmi les 12 présentées :

  • la mise en place d’un « parcours » dans le cadre du stage des étudiants en médecine chez un généraliste
  • l’amélioration de l’accueil des étudiants stagiaires, en particulier dans les territoires isolés
  • l’intégration d’une formation à la gestion et au management d’une structure de premier recours dans le deuxième cycle de leurs études
  • la mise en réseau des Maisons de Santé Pluridisciplinaires (MSP)
  • le développement de la coordination des médecins exerçant au sein de structures regroupées avec d’autres professionnels de santé
  • le développement des contrats de génération entre les médecins seniors et les jeunes médecins au sein d’un même cabinet, à travers notamment l’allègement des charges sociales et fiscales des médecins retraités souhaitant maintenir une activité à temps partiel en médecine et une aide financière pour la transformation de son cabinet en une structure coordonnées (type MSP)

La Conférence Régionale de la Santé et de l’Autonomie (CRSA) recommande à ce sujet d’élargir la réflexion sur les praticiens territoriaux, non seulement aux jeunes mais aux médecins en général.

Les relations entre l’université et la santé en développement au sein de l’ARS Île-de-France

Le 3 avril dernier, Claude Evin, Directeur Général de l’ARS Île-de-France, a annoncé la mise en place d’un comité de pilotage chargé de développer les relations entre les hôpitaux et l’université au sein de la région. Celui-ci s’inscrit dans le Projet Régional de Santé (PRS) et vise à diminuer le poids historique de Paris au sein de la région, rééquilibrer l’offre de soins et développer l’université en l’Île de France.

Dans ce cadre, le PRS mentionne la création de deux communautés hospitalo-universitaires de territoire ainsi qu’un triple effort de reconnaissance hospitalo-universitaire en enseignement et recherche au-delà de la petite couronne : le CH-Sud-Francilien dans l’Essonne, le CH de Pontoise dans le Val-d’Oise et les hôpitaux de Meaux-Lagny-Coulommiers en Seine-et-Marne. Cet effort devrait également concerner la dizaine de gros Centres Hospitaliers (CH) de l’Île de France, notamment le CH national d’ophtalmologie (CHNO) des Quinze-Vingts, le CH psychiatrique Sainte-Anne à Paris, le Centre et établissement Hospitalier Intercommunal (CHI) de Poissy-Saint-Germain, le CHI de Créteil et le CH de Versailles. Cette création d’un programme hospitalo-universitaire commun à travers des antennes déconcentrées se fait notamment suite au constat que l’AP-HP n’aura pas les moyens d’accueillir demain l’ensemble des internes.

Ce comité devra d’abord réaliser un état des lieux des partenariats noués entre l’AP-HP et les CH franciliens, afin de développer ensuite des priorités d’actions, avec la programmation dans six mois d’un séminaire sur la cancérologie, la psychiatrie, la pédiatrie, l’ophtalmologie et les maladies rares, toutes à pénurie démographique.

Poster un commentaire


cinq + quatre =