Observatoire de la régionalisation

Midi Pyrénées

Actualités :

  • 16/01/2013 : Fil d’OR Midi Pyrénées – La démographie médicale en Midi Pyrénées, la formation comme levier de l’installation > Lire la suite
  • 10/12/2012 : Conférence de territoire du Tarn, une mise en route axée sur les bassins > Lire la suite
  • 03/12/2012 : La médecine libérale en Midi-Pyrénées, un modèle à (re)trouver > Lire la suite
  • 23/11/2012 : L’hôpital magnétique, l’innovation au cœur des ressources humaines. > Lire la suite

 

La région Midi Pyrénées est une vaste région qui s’étend sur plus de 45 000 km2. Jouxtant l’Aragon et la Catalogne Espagnole, la région touche aussi la principauté d’Andorre et est bordée en France par l’Aquitaine, le Limousin, l’Auvergne et le Languedoc Roussillon. Huit départements divisent le Midi Pyrénées: l’Ariège, l’Aveyron, la Haute-Garonne, le Gers, le Lot, les Hautes-Pyrénées, le Tarn et le Tarn-et-Garonne.

Région montagneuse qui s’étend des Pyrénées au sud jusqu’au Massif Central au nord-est, la région Midi Pyrénées est aussi une région économique dynamique portée principalement par le puissant pôle urbain de Toulouse et son industrie aéronautique qui rayonne sur toute la région et notamment les villes limitrophes comme Pau ou Carcassonne. Enfin le tourisme y est assez développé, tant en zone urbaine à Toulouse que dans les stations de sport d’hiver des Pyrénées.

Avec des indicateurs socio-économiques comparables aux moyennes nationales, la région souffre pourtant de fortes disparités entre les départements et connait un vieillissement qui affecte particulièrement les zones rurales. De la même manière certaines pathologies telles que les cancers, les maladies cardio-vasculaires ou le diabète sont particulièrement prégnantes dans la région. Le diagnostic de santé réalisé par l’ARS Midi Pyrénées dans le cadre de l’élaboration du Projet Régional de Santé (PRS) propose une identification des principaux déterminants de santé dans la région et leurs conséquences et insiste sur les inégalités sociales de santé, considérées comme l’une des priorités du PSRS.

La réduction de ces inégalités implique une réorganisation des parcours de santé, prenant en compte la prévention comme l’organisation des soins, en dépassant les cloisonnements et en favorisant les coopérations entre les professionnels de santé, en phase avec les outils proposés par la loi HPST.

Sans que le Plan Stratégique Régional de Santé (PSRS) n’ait encore été validé par la CRSA et finalisé, l’ARS Midi Pyrénées identifie « 3 priorités de santé pour tous » :

  • Réduire les inégalités sociales de santé
  • Positionner l’usager au cœur du système de santé
  • Adapter l’offre aux besoins de santé

8 territoires et 33 bassins de santé

Pour prendre en compte les spécificités de l’offre de soins au plus près des besoins, l’ARS Midi Pyrénées a fait le choix d’une graduation en 2 niveaux :

Un territoire de santé par département : « espace de concertation entre acteurs locaux, dans le cadre de la Conférence de territoire. »

Des bassins de santé : c’est l’unité de proximité, pour l’observation et l’organisation de la santé. Ils peuvent dépasser les frontières départementales pour tenir compte des réalités locales d’accès aux soins.

Un territoire de santé par département

L’ARS Midi Pyrénées a choisi, comme beaucoup d’ARS, de superposer les territoires de santé aux départements. Il y a donc 8 territoires de santé en Midi-Pyrénées. A noter qu’avant la loi HPST, la région comptait 15 secteurs sanitaires. Dorénavant, chaque département compte un seul territoire de santé couvrant l’ensemble des champs de la santé : « des activités de prévention jusqu’aux soins et équipements des établissements de santé, de l’accès aux soins de premier recours jusqu’aux prises en charge et accompagnements médico-sociaux ». Cette redéfinition des territoires traduit la logique de décloisonnement et de transversalité voulue par la loi HPST. L’originalité de Midi Pyrénées ne réside donc pas tant dans la définition de ces territoires mais plutôt dans au niveau des « bassins de santé ».

Des bassins de santé, espace d’organisation de l’offre de santé de proximité

Au sein de chaque territoire de santé, au terme d’une concertation, l’ARS Midi Pyrénées a choisi de définir 33 bassins de santé principalement organisés autour des établissements de santé qui disposent d’un service d’accueil des urgences.
Là où le territoire agira comme l’espace de construction et de transversalité, les bassins seront l’espace de proximité et permettrons d’organiser l’offre au plus près des besoins dans les domaines de la prévention, des soins ambulatoires et hospitaliers et de l’accompagnement médico-social intégrant la permanence des soins.

A noter que « le découpage de ces bassins de santé intègre sur certaines zones une dimension inter- départementale, plus en phase avec les habitudes locales de recours aux soins. » L’animation de ces bassins de santé sera confiée à une équipe pluridisciplinaire de professionnels de santé, en liaison avec le délégué territorial de l’ARS.

Une région dynamique exposée au vieillissement

  • Une région économiquement dynamique

Le PIB de la Région Midi Pyrénées représente 4,1% du PIB de la France métropolitaine et 5,8% de celui de la province. Midi-Pyrénées se place ainsi au 8ème rang des régions françaises. Entre 2000 et 2007, Midi-Pyrénées est la région française la plus dynamique après la Corse (5,8%). Cette « bonne santé » économique s’explique notamment par un fort développement du secteur de la construction aéronautique et spatiale. Pour autant, si cette particularité permet un fort développement du secteur du conseil, paradoxalement l’industrie pèse moins en Midi-Pyrénées que dans l’ensemble des régions de province. A noter également l’implantation dans la région des Laboratoires Fabre qui génèrent de nombreux emplois notamment à Castres.

  • Des indicateurs socio-économiques dans la moyenne nationale

Si les indicateurs régionaux placent la région Midi Pyrénées dans la moyenne nationale, deux départements, l’Ariège et le Tarn-et-Garonne, présentent des taux de précarité financière très supérieurs à la moyenne régionale (proches de ceux des départements les plus pauvres de métropole). Dans ces territoires, une personne sur cinq de moins de 65 ans vit dans un foyer disposant de revenus inférieurs au seuil de bas revenus. De la même manière, les bénéficiaires de la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) représentent 6,8% de la population des moins de 65 ans de la région mais la proportion varie du simple au double selon les départements : de 4,5% dans l’Aveyron à 9,5% dans l’Ariège et 9% dans le Tarn-et-Garonne. Ces inégalités se retrouvent également au niveau de l’état de santé des populations et de l’accès aux soins.

  • Une population vieillissante et inégalement répartie

La ville rose est la 3ème ville étudiante de France après Paris et Lyon, pourtant la région Midi Pyrénées – qui regroupe 4,5% de la population de la population métropolitaine – présente un indice de vieillissement de 84,1 alors qu’il est de 67 pour la France Métropolitaine (nombre de personnes de 65 ans et plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans). Les départements ruraux sont particulièrement affectés par ce vieillissement.

L’analyse de l’état de santé de la population midi pyrénéenne révèle que le dynamisme économique et les indicateurs socio-économiques relativement bons ne bénéficient pas à la population dans son ensemble qui est marqué par de fortes disparités d’âges et de revenus.

Des inégalités territoriales et socio-économiques dans l’accès à la santé

  • Une mortalité inférieure à la moyenne nationale

En 2007, l’espérance de vie est l’une des meilleures de France, tant pour les hommes (78,7 ans), que pour les femmes (85 ans), ce qui place la région au 2ème rang des régions françaises dans ce domaine. De la même manière, les niveaux de mortalité générale (2005-2007) sont significativement inférieurs à la moyenne nationale pour l’ensemble de la région. Pourtant on observe une surmortalité en Ariège et dans les Hautes Pyrénées. Les moyennes départementales cachent elles aussi des disparités notamment une situation très contrastée entre le nord et le sud de la Garonne mais aussi des situations réellement préoccupantes d’accès à la santé dans les quartiers d’habitat social des grandes villes.

  • La morbidité

Le Midi Pyrénées recense plus de 58 000 nouvelles ALD chaque année ouvrant droit à une prise en charge à 100ù par l’Assurance maladie. Globalement, si en neutralisant l’effet du vieillissement de la population, ce chiffre se situe dans la moyenne nationale. Mais là encore, il existe de fortes disparités. L’incidence en ALD est supérieure aux moyennes nationales pour certaines pathologies telles que les insuffisances cardiaques, les affections psychiatriques, la maladie d’Alzheimer ou encore les AVC et les pathologies coronariennes. A noter également, près de 20% de ces admissions en ALD concernent des jeunes de moins de 15 ans.

Du coté de la prévalence enfin, au total, 21% de la population couverte par les 3 principaux régimes d’assurance maladie (Régime général, régime agricole et régime social des indépendants) sont concernés par l’ALD. Cette proportion est plutôt élevée mais recouvre surtout de fortes inégalités.

  • Des pathologies particulièrement prégnantes

Le diagnostic de l’état de santé de la population de Midi Pyrénées réalisé par l’ARS relève 4 pathologies particulièrement prégnantes dans la région :

  • Les maladies cardiovasculaires : c’est à la fois la première cause de décès, le premier motif d’admission en ALD et le premier vecteur d’hospitalisation chez les personnes de plus de 75 ans.
  • Les cancers : la situation régionale, au regard de l’importance, de la gravité et de l’incidence croissante de ces pathologies, est considérée comme une des plus « à risque » par rapport aux moyennes nationales. Comme pour le reste de la France, l’augmentation du cancer du poumon chez les femmes est particulièrement préoccupante. De ce fait, le développement et le renforcement du dépistage précoce de certains cancers et la réduction des inégalités apparaissent donc comme une priorité pour la région afin de limiter l’impact de la maladie.
  • Le diabète est une affection en fort développement avec des conséquence handicapantes sur la vie quotidienne, parfois à l’origine d’autres états pathologiques (maladies cardiovasculaires, artérite, insuffisance rénale chronique…). Cette pathologie expose également à des inégalités sociales de santé en termes d’incidence comme de prise en charge.
  • Les troubles psychiques et psychiatriques : 2,3% des personnes en ALD le sont pour des problèmes de cet ordre. Cette prévalence place la région largement au dessus des moyennes nationales avec également plus de 5200 tentatives de suicide prises en charge chaque année par les services d’urgence de la région. Parmi eux, plus de 72% ont moins de 65 ans.

La régionalisation, en offrant de nouveaux outils et de nouvelles perspectives de coordination et de transversalité, pourrait permettre, avec le concours de tous les acteurs, de favoriser une égalité d’accès aux soins et une amélioration des marqueurs de santé.

A ce jour, le Projet stratégique régional de santé est encore en cours de finalisation et reste à valider par les différents partenaires consultés (CRSA notamment).

Une organisation de proximité pour répondre aux inégalités

Si la région Midi Pyrénées présente des indicateurs plutôt favorables tant au niveau de l’état de santé que de l’accès aux soins, cette situation bénéficie de manière très inégale aux habitants, en fonction des différents facteurs sociaux ou géographiques. On observe ainsi des inégalités sociales mais également un accès au soins difficile et une incidence pathologique plus forte dans les territoires ruraux.

La loi HPST augure un nouveau paradigme favorisant d’avantage la concertation, la coopération et la transversalité. Dans ce contexte, l’ARS Midi Pyrénées a fait le choix d’une organisation à deux niveaux avec un niveau de proximité (bassin de santé) et un niveau plus transversal (territoire de santé). Gageons que cette nouvelle organisation et les différentes résolutions comprises dans le PSRS permettront de réduire l’impact de certaines pathologies et de réduire les inégalités, très présentes dans la région.

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Quelques chiffres :

  • Plus de 30 000 naissances par an
  • 29% de la population à moins de 25 ans (contre 31% à l’échelle métropolitaine)
  • Un taux de chômage dans la moyenne nationale (9,5% – INSEE 4e trimestre 2011)
  • près de 50 000 bénéficiaires du RSA