Observatoire de la régionalisation

Nord Pas-de-Calais

Le Nord Pas-de-Calais est une région aux spécificités nombreuses en termes d’indicateurs sanitaires.

Tout d’abord, c’est une région jeune et très peuplée ; la deuxième région la plus peuplée de France après l’Île de France, soit plus de 4 millions de personnes. Cette région connaît d’importantes inégalités de santé puisque 8,5% de la population perçoit le Revenu de Solidarité Active (RSA) et 9% de la population bénéficie de la Couverture Médicale Universelle (CMU).
 
Il est important de noter que la région concentre des questions sanitaires à améliorer:

  • des indicateurs sanitaires au rouge avec une surmortalité importante par rapport à la moyenne nationale,
  • l’espérance de vie la plus faible de France, 74,2 ans pour les hommes (77,5 au niveau national) et 82,2 pour les femmes (84,3 au niveau national),
  • une surmortalité pour les cancers, les maladies cardiovasculaires, le diabète, les pathologies dues à l’alcool, les broncho pneumopathies et le suicide,
  • une densité médicale contrastée avec une densité inférieure à la moyenne nationale pour les spécialistes et les chirurgiens-dentistes, et une densité néanmoins égale à la moyenne nationale pour les généralistes,
  • un nombre inférieur d’infirmiers par rapport à la moyenne nationale,
  • un nombre de places pour adultes handicapés identique au niveau national mais inférieur aux besoins.

 
La région possède cependant les atouts suivants :

  • une région jeune possédant un taux de natalité élevé avec 14,5 naissances pour 1000 habitants (contre 12,7 pour la moyenne nationale),
  • un niveau d’équipement hospitalier identique voir un peu supérieur à la moyenne nationale,
  • une tradition forte dans les actions de prévention.

Le Projet Régional de santé a pour but de rattraper l’écart entre les indicateurs de la région et ceux de la moyenne nationale, ainsi qu’entre les différents territoires de la région Nord Pas-de-Calais, en cinq ans. Ce rattrapage doit se produire sans pour autant faire exploser les dépenses de santé.
 
Pour plus d’efficacité, le Nord-Pas-de-Calais est divisé en quatre territoires de santé, découpés en 18 secteurs.
L’ARS a dépensé 11 milliards d’euros (la part de l’Etat plus celle de l’Assurance Maladie), soit plus des trois quarts des dépenses de santé dans la région. Le reste a été pris en charge par les collectivités territoriales, les mutuelles et assurances complémentaires. La prévention a représenté 31 millions de ces dépenses, le soin aux personnes plus de 8,4 milliards (dont 4 milliards pour les soins de ville et 4,4 milliards pour les établissements de santé), l’accompagnement médico-social 1,4 milliard et les prestations en espèces 1,4 milliard.
 
La région comporte les établissements et le nombre de places suivants :

  • 150 établissements de santé publics et privés, soit 23 703 lits d’hospitalisation ;
  • 476 établissements et services médico-sociaux, soit 13 672 places ;
  • 30 650 places en EPHAD.

 
La région rassemble les professionnels de santé suivants :

  • 7 465 médecins,
  • 4 836 infirmiers,
  • 3 723 kinésithérapeutes,
  • 1 893 chirurgiens-dentistes,
  • 1 531 pharmacies.

Le Projet Régional de Santé

La première orientation du Projet Régional de Santé vise la réduction des inégalités de santé.
En Nord-Pas-de-Calais, le Conseil Régional a toujours agi dans le champ de la santé, en revanche, le niveau départemental est atténué. La région ne comptant que 2 départements, leur valeur ajoutée est faible.

Pour agir au plus près des territoires, des « zones de proximité » ont été établies autour des hôpitaux généraux pour articuler le médico-social et la prévention. D’autre part, des « espaces de libre initiative » se sont créés, sur la base du volontariat, autour des Contrats Locaux de Santé (CLS). Aujourd’hui, les 10 CLS conclus couvrent 20% de la population et 10 nouveaux CLS sont en préparation. La taille des territoires couverts est extrêmement variable, de la commune au transrégional voire transfrontalier. Aussi étonnant que cela puisse paraître, la mise en œuvre a été plus facile pour le transfrontalier que pour le transrégional…

Le Projet Régional de Santé identifie plusieurs axes majeurs pour développer l’égalité d’accès à la santé, dans une région où les Inégalités Sociales de Santé (ISS) sont nombreuses, ainsi que l’efficience du système de soins.
 
Le PRS priorise les différents axes visant à développer et améliorer l’accès et l’efficience du système de santé :

  • La lutte contre les inégalités de santé, un « impératif ». Dans une région plus marquée que les autres par les ISS, il est fondamental que le PRS permette d’apporter « l’accès de tous à la protection de la santé », impératif inscrit dans la Constitution. Cet axe prioritaire a donc demandé une analyse des inégalités, sociales et territoriales, de santé.
  • La « territorialisation » des politiques de santé, une « nécessité ». Cette délimitation des territoires reflète les habitudes de vie d’une population et les manques à combler.
  • Conduire une politique de santé partagée avec tous les acteurs partenaires du système de santé, avec une approche au plus près de la réalité des territoires.
  • Le Nord Pas-de-Calais est composé des quatre territoires de santé suivants : l’Artois-Douaisis, avec quatre zones de proximité; le Hainaut-Cambrésis, avec trois zones de proximité ; le Littoral, avec cinq zones de proximité et la Métropole-Flandre intérieure, avec trois zones de proximité.

    L’échelon départemental est faible, il n’est donc pas à prendre en compte dans les objectifs de l’ARS et de la région en général.